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Comment gérer son compte bancaire en tant qu’autoentrepreneur ?

Les lois sont unanimes : en tant qu’autoentrepreneur, vous devez posséder un compte bancaire dédié uniquement à votre activité. Comment l’ouvrir et pourquoi c’est important ? Voilà ce que nous allons voir dans cet article.

Pourquoi devez-vous tenir un compte bancaire séparé ?

Sur votre compte bancaire privé, c’est toute votre vie qui est mise en évidence : vos achats de pâtisseries, de jeux vidéos ou votre abonnement à Netflix. Autant de données qui ne concernent absolument pas les services financiers qui pourraient avoir envie de jeter un coup d’œil sur les comptes de votre entreprise.

Tenir un compte bancaire séparé pour votre activité d’autoentrepreneur, ce n’est pas seulement une obligation légale, c’est donc aussi une protection de votre vie privée. De plus, c’est une pratique qui est plus simple pour la gestion financière de votre microentreprise : elle vous aide à visualiser beaucoup plus rapidement les entrées et sorties liées à celle-ci (et aussi à effectuer plus facilement vos déclarations).

Devez-vous ouvrir un compte professionnel en tant qu’autoentrepreneur ?

  • La plupart des organismes bancaires vous inciteront à ouvrir un compte professionnel dans cette situation. Certaines banques proposent même des tarifs privilégiés pour les autoentreprises. Ce type de compte vous permet de bénéficier de services dédiés comme :
  • une autorisation de découvert,
  • des prêts spécifiques,
  • un suivi personnalisé,
  • l’encaissement de paiement au nom commercial,
  • l’obtention d’un terminal de paiement.

Mais ils sont aussi plus onéreux (le forfait minimal est, dans le meilleur des cas de 7 € par mois). Néanmoins, ce compte professionnel n’est pas une obligation légale et vous pouvez tout à fait demander l’ouverture d’un simple compte personnel séparé dans votre banque actuelle, sans frais supplémentaires.

Cependant, ces comptes privés ne permettent pas de disposer de chéquier ni de carte bancaire au nom de votre entreprise. Et, par ailleurs, quand des transactions avec l’Urssaf apparaîtront, il est possible que certaines banques vous demandent de requalifier votre compte.

Existe-t-il des banques en ligne pour les autoentrepreneurs ?

Ouvrir un compte dans une agence bancaire nécessite de vous déplacer, de justifier de votre domicile. Les démarches sont certes simplifiées avec les comptes en ligne, dont les frais sont également moins élevés. Mais très peu d’entre elles accepteront de gérer un compte professionnel (et le vôtre apparaîtra comme tel à leurs yeux lors du paiement obligatoire des charges sociales).

Vérifiez donc les conditions de celles avec lesquelles vous souhaitez faire affaire. Par ailleurs, sachez qu’il existe actuellement des terminaux mobiles qui acceptent les paiements par carte bancaire sans frais d’abonnement, juste avec une commission prélevée sur chaque règlement. Cette option vous permettra d’encaisser ces transactions sans devoir passer par un compte professionnel.

Comment gérer le compte bancaire de sa microentreprise

Sur le compte de votre entreprise, vous encaisserez les règlements de vos clients et vous prélèverez les sommes nécessaires pour vos achats de fournitures, vos charges sociales, votre rémunération. Le plus important est de ne pas générer de dépenses personnelles via ce compte, mais uniquement celles liées à votre activité.

Auparavant, on parlait de gestion « en bon père de famille ». C’est exactement ce vers quoi tend le compte bancaire dédié à l’autoentreprise. En séparant vos comptes, vous visualiserez plus vite si vos dépenses y sont plus importantes que vos revenus.

Quelle forme juridique pour un autoentrepreneur

Opter pour une microentreprise, c’est aussi se poser un certain nombre de questions sur la forme juridique, le statut, le fonctionnement une fois l’activité démarrée. Aujourd’hui, nous allons nous attarder spécifiquement sur les questions juridiques.

De quoi dépend le choix d’un statut juridique

Quel que soit le type d’activité que vous souhaitez exercer (prestation de service ou commerciale), vous allez devoir vous immatriculer auprès du registre du commerce et des sociétés (RCS). Et l’une des premières questions que vous sera posée portera sur votre statut juridique.

Les critères qui peuvent influencer votre choix sont les suivants :

  • La nature de l’activité exercée (commerciale, artisanale, libérale) ;
  • Votre volonté d’entreprendre seul ou à plusieurs ;
  • L’existence d’un patrimoine à protéger ou à transmettre ;
  • Le statut social de votre entreprise et les incidences sur votre situation personnelle ;
  • Le régime d’imposition.

Certains critères vous paraîtront peut-être plus favorables sous certains régimes de société plutôt que d’autres. Comparez-les entre eux avant d’effectuer votre choix.

Vous noterez que certaines activités ne peuvent être créées que sous un statut juridique particulier. Avant de monter votre microentreprise, vous devrez donc vérifier si celle-ci ne dépend pas de directives qui lui sont propres.

Quelle spécificité juridique pour la microentreprise

La réponse à cette question est : aucune ! Parce que, d’un point de vue juridique, l’autoentreprise prend la même forme qu’une entreprise individuelle. Il s’agit uniquement d’un régime spécifique de ce statut.

Ce qui implique que tout ce qui découle de l’entreprise individuelle s’applique également pour l’autoentrepreneur : entreprise créée en nom propre par une personne morale, pas de capital social et d’apport nécessaire, vous restez responsable des dettes professionnelles (le cas échéant vous devrez rembourser vos créanciers avec vos propres ressources, voire celles du ménage si vous n’avez pas opté pour la séparation de biens), exemption de la TVA, vos bénéfices sont soumis à l’impôt sur le revenu et vous devez ouvrir un compte bancaire spécifique pour votre activité.

Les différences concernent essentiellement le plafond de revenus pour la microentreprise, l’absence de bilan comptable à remplir et, surtout, des cotisations de charges sociales liées à votre chiffre d’affaires.

Du point de vue de la loi, un autoentrepreneur est donc, avant tout, un entrepreneur. Vos responsabilités légales sont ainsi identiques (d’où l’intérêt d’une assurance professionnelle qui vous couvre correctement). Votre préférence pour ce statut plutôt que pour celui de l’entreprise individuelle portera principalement sur la facilité de gestion et les questions financières, qui diffèrent dans l’un ou l’autre cas. Il est d’ailleurs relativement simple de passer du statut d’autoentrepreneur à celui d’entreprise individuelle, que ce soit par choix personnel ou parce que vous dépassez les plafonds de la microentreprise.

Comment trouver des clients : auto entrepreneur, le digital est la solution

Monter son entreprise, c’est souvent se lancer dans l’inconnu. Vous avez des idées, mais aurez-vous des clients ? La réponse sera « oui, bien sûr… si vous faites ce qu’il faut pour y arriver ». Voici quelques-unes des techniques les plus réussies pour trouver des clients comme auto entrepreneur, même en partant de zéro. Vous en connaissez peut-être déjà certaines. Appliquez-les toutes !

Utilisez votre réseau

Vous croyez ne connaître personne. C’est là que vous avez tort. Vous possédez déjà de nombreux porte-paroles qui seront ravis de vanter vos qualités. Qui ? Votre famille, vos amis, vos anciens camarades d’école, votre boulangère, vos voisins… Maintenant que vous avez décidé de vous mettre à votre compte, il faut le faire savoir. Donc : parlez de ce que vous faites. Dès que l’occasion se présente. Il n’est pas question d’abrutir vos connaissances, juste de placer dans la conversation que vous exercez en tant que… complétez avec votre nouveau métier.

Si vous craignez d’être intrusif à l’oral, envoyez un mail à tout votre carnet d’adresses pour annoncer cette bonne nouvelle. En y incluant bien sûr toutes vos coordonnées et en invitant les gens à les partager. Qui sait si la meilleure amie de votre petite cousine n’a pas justement besoin de vos services !

Soyez toujours prêt à communiquer

Vous devez vous rendre visible. Et cela commence d’abord par la proximité. Il est temps de modifier la signature de vos emails pour y inclure l’adresse de votre site internet, voire votre logo. Oui, y compris pour votre boîte mail personnelle. Personne ne vous en voudra et cela aidera aussi à vous faire connaître.

Pensez aussi à un petit tampon ou des autocollants qui vous permettront d’ajouter ces données sur vos courriers papier. Ils passent entre de nombreuses mains avant d’atteindre leur destinataire, pourquoi ne pas en profiter ?

De même, gardez en permanence des cartes de visite sur vous, vous ne saurez jamais à l’avance quand vous pourrez en avoir besoin.

Montrez-vous sur internet

Internet est devenu aujourd’hui un incontournable de toute stratégie de communication. Même une microentreprise (et j’aurais tendance à dire « surtout une microentreprise ») peut en tirer profit. Il vous faudra au minimum un site, mais aussi des profils sur les réseaux sociaux.

Au départ, il ne sera peut-être pas pertinent d’investir sur tous les réseaux simultanément. Sélectionnez celui ou ceux sur lesquels votre cible est la plus présente et agissez principalement sur ces derniers. Des photos, des vidéos, des posts… Multipliez les interventions pour ajouter de l’animation à votre actualité.

Et, d’ailleurs, vous pouvez agir de même directement sur votre site. Un blog d’entreprise permet de présenter de nombreux articles qui vous positionneront comme un expert et vous aideront à vous faire connaître (surtout s’ils sont partagés et commentés). N’hésitez pas non plus à signer des articles sur d’autres sites que les vôtres, afin de profiter de leur propre réseau.

Allez à la rencontre des gens

Le contact direct est souvent la meilleure approche pour convaincre un éventuel client. Vous aurez tout intérêt à rejoindre un groupe d’entrepreneurs de votre région, voire à participer à des salons professionnels si cela est cohérent. Parlez avec les autres, apprenez à pitcher le service que vous proposez en deux phrases… Et vous ne tarderez pas à signer de nouveaux contrats.

Une fois vos premiers clients trouvés, vous ne tarderez pas à en gagner d’autres, grâce au bouche-à-oreille. Et si vous en profitiez pour demander à ces précurseurs de rédiger quelques mots pour noter leur satisfaction, que vous intégrerez sur votre site ? La promotion, votre promotion, se travaille en permanence !

Comment gérer un contrôle Urssaf en tant qu'autoentrepreneur

Ce doit être une vieille résurgence du temps où vous étiez sur les bancs de l’école : quand vous entendez le mot « contrôle », vous avez des palpitations et vous vous demandez ce que vous avez oublié. Si le mot Urssaf est accolé dès le premier, vous vérifiez votre compte en banque en espérant avoir assez de réserves pour payer les pénalités.

Pourtant, ce n’est pas la peine de paniquer : depuis les dernières modifications de la loi concernant ces contrôles, même les autoentrepreneurs peuvent les aborder (presque) sereinement.

Dans quel cas un autoentrepreneur peut être contrôlé ?

L’Urssaf, c’est l’organisme auprès duquel vous vous êtes déclaré lorsque vous avez lancé votre activité. Il est aussi celui auquel vous signalez chaque mois ou chaque trimestre votre chiffre d’affaires. Vous avez donc des contacts réguliers avec lui, bien que distants.

En tant que microentrepreneur, il existe trois situations pour lesquelles vous pouvez subir un contrôle :

  • un oubli de déclaration du chiffre d’affaires
  • une déclaration erronée ou partielle de votre chiffre d’affaires
  • des faits de travail dissimulé.

Nous allons revenir sur ces différentes éventualités.

Avez-vous bien déclaré votre chiffre d’affaires ?

La déclaration de chiffre d’affaires est une obligation légale. C’est à partir d’elle que vos cotisations sociales sont calculées, de même que le montant de votre imposition ou vos futurs droits à la retraite. Même si vous exercez une autre activité à côté, en tant que salarié par exemple, et que vous ne gagnez que 20 € par mois, vous ne pouvez pas y déroger.

Les oublis sont assez mal perçus par l’administration et feront l’objet d’un contrôle. Vous serez prévenus deux semaines à l’avance et vous devrez produire l’ensemble de vos factures et tous les documents demandés afin de faire l’état des lieux de votre activité.

Les déclarations erronées, ou partielles, peuvent survenir. Elles font l’objet d’un redressement dans 30 % des cas, ce qui est un chiffre similaire à celui constaté pour les TPE et PME. Le montant moyen du redressement était de 577 € par autoentrepreneur contrôlé en 2011 pour un millier de contrôles menés à terme (voir le rapport de l’Igas et de l’IGF sur l’évaluation du régime de l’autoentrepreneur).

Les autres cas sont ceux où vous dépassez le plafond fixé. Étant donné qu’il vient d’être réévalué, le risque reste mesuré.

Autoentrepreneur ou salarié déguisé ?

L’Urssaf peut considérer que votre activité est du salariat déguisé si

  • un client unique est votre principale source de revenus
  • il existe un lien de subordination et de contrôle entre vous.

La situation sera encore aggravée si vous devez justifier de vos horaires ou travailler dans les locaux du client, ou si vous étiez auparavant l’un de ses salariés.

Cependant, dans ces cas de figure, le « fautif » qui devra justifier de ses actes est le client, pas l’autoentrepreneur. Le cas échéant, vous pourriez recevoir des arriérés de salaires et de protection sociale, si le principe du salariat est confirmé par les enquêteurs.

Depuis 2018, le droit à l’erreur vous permet de ne pas être systématiquement pénalisé si vous prouvez votre bonne foi lors d’un premier contrôle. Il n’y aura cependant pas autant de patience pour les cas de récidive alors n’hésitez pas, le cas échéant, à demander quelles sont les erreurs que vous avez commises.

Déclaration mensuelle en tant qu'autoentrepreneur

Les formalités sont peu nombreuses pour les autoentrepreneurs. Mais il en existe une à laquelle vous ne pouvez pas déroger : la déclaration de votre chiffre d’affaires. Elle peut être effectuée de manière trimestrielle ou mensuelle. Opter pour une déclaration mensuelle pour un auto entrepreneur est sans doute le choix le plus simple, et nous allons vous expliquer pourquoi… et comment procéder.

Comment devez-vous déclarer votre chiffre d’affaires

Dès que vous avez reçu votre numéro de Siret, vous pouvez inscrire votre autoentreprise sur Net-entreprises. Ce site a été créé afin de faciliter et de moderniser toutes vos démarches liées à l’Urssaf. Depuis ce portail, vous pourrez déclarer votre chiffre d’affaires et inscrire votre RIB pour que vos charges sociales, directement calculées à partir de celui-ci, soient automatiquement prélevées.

Attention : nous parlons bien de votre chiffre d’affaires. Celui qui vous a été réglé uniquement (pas vos factures en attente de paiement), et sans tenir compte d’aucune charge (non déductibles pour les autoentreprises).

Selon votre situation, vous devrez l’inscrire dans la ligne correspondant aux activités de commerce, de service ou aux professions libérales (le montant de vos charges sociales varie selon votre activité). Les prélèvements sociaux seront effectués à la fin de chaque période (l’échéance sera indiquée sur le site).

Pourquoi opter pour une déclaration mensuelle

Le fait de choisir une déclaration mensuelle de votre chiffre d’affaires vous évitera plusieurs écueils. Le premier, et le plus grave, étant celui de l’oubli. Il est beaucoup plus évident de vous rappeler que, chaque mois, vous devez effectuer votre déclaration qu’une fois tous les trois mois. L’habitude est plus facile à prendre dans la première situation.

Ensuite, le montant des charges étant lié au montant déclaré, il sera peut-être plus évident pour vous de payer une petite somme chaque mois qu’une plus élevée chaque trimestre. De même, vous éviterez de considérer cet argent comme de la trésorerie qui dort sur votre compte bancaire pendant trois mois.

Par ailleurs, vous vous simplifierez les calculs et les recherches, la plupart des logiciels de comptabilité vous fournissant d’un simple clic le montant mensuel de votre chiffre d’affaires. Et vous serez également plus vigilant sur l’évolution de votre entreprise en la suivant de près, mois après mois.

À quel moment devrez-vous effectuer votre déclaration

Malgré ce conseil de vous appuyer sur la déclaration mensuelle, vous constaterez, au lancement de votre microentreprise, que vous n’aurez pas à effectuer de déclaration avant que plusieurs mois ne se soient écoulés. Ce délai est uniquement valable pour la première déclaration, afin de vous laisser le temps de trouver vos premiers clients et d’asseoir votre entreprise.

Vous aurez ensuite à effectuer la même procédure chaque mois. Si l’échéance limite est fixée à la fin du mois, nous ne saurions trop vous conseiller de la réaliser dès le début de celui-ci. Afin, encore une fois, d’éviter les oublis et de pouvoir commencer le mois suivant sans arriérés de tâches à réaliser.

Cette déclaration est obligatoire. C’est elle aussi qui vous servira pour votre déclaration d’impôts, quelques mois plus tard. Assurez-vous de ne pas la négliger en l’intégrant sur votre calendrier ou en intégrant une alarme automatique sur votre agenda. Un simple rappel qui vous évitera de perdre votre énergie sur une action qui, chaque mois, ne vous demandera finalement que quelques petites minutes de votre temps.